Maxime Toubart s’adresse aux vignerons champenois

Jamais, dans nos existences, nous n’avions été confrontés à une pandémie d’une telle ampleur. Le Coronavirus est désormais dans notre quotidien. Il bouleverse nos modes de vie et interroge notre avenir. Avant tout, c’est la vie même de nombreux de nos concitoyens qui est en danger.

Face à cette situation inédite, nous n’avons pas le choix. Notre priorité absolue est celle de préserver la santé et la vie de nos familles, amis, proches et celle de nos collaborateurs et salariés. Nous n’avons pas hésité à prendre les décisions qui s’imposaient et avons pour une très grande majorité d’entre nous appliqué les mesures de sécurité sanitaire préconisées par les pouvoirs publics.

Le SGV continue d’assurer également ses missions et il a relayé auprès des vignerons ces consignes. Je salue le formidable travail des collaborateurs, qui, au quotidien font tout leur possible pour vous accompagner au mieux dans ces périodes troublées.

J’ai été amené il y a quelques jours à pousser un coup de gueule face au  comportement de certains vignerons et certains prestataires qui ne respectaient ou ne se donnaient pas les moyens de faire respecter ces consignes. J’en ai appelé à la responsabilité individuelle mais aussi collective. Les innombrables réactions que cela a provoquées sur le terrain, dans nos villages, me rassurent, sur notre capacité à faire vivre le collectif, en particulier dans des moments aussi difficiles. Merci à tous ceux qui se sont et continuent de se mobiliser pour faire respecter les règles.

Je sais que la période qui s’annonce sera aussi celle d’inquiétudes économiques pour nos entreprises. Votre Syndicat est mobilisé pour y faire face. Nous avons obtenu du gouvernement la possibilité d’être reconnu comme un secteur essentiel pour l’économie de notre pays et, contrairement à d’autres, nous pouvons poursuivre notre activité. C’était déterminant en cette période de travail intense à la vigne et je n’ose pas imaginer ce qui se serait passé si nous avions été obligés de fermer même provisoirement nos exploitations. Pour autant, nous ne savons pas combien de temps va durer cette épidémie.

A l’heure où j’écris ces lignes, personne n’est capable d’en mesurer les conséquences. D’ores et déjà, les pouvoirs publics se mobilisent. Ils ont mis en place des dispositifs d’accompagnement en matière sociale, fiscale, etc.  Nous aurons aussi à faire face à des besoins de main d’œuvre. Votre syndicat est plus que jamais mobilisé sur ces sujets à vos côtés. Notre objectif est de tout faire pour assurer une récolte normale dans un contexte anormal. Nous devrons aussi être attentifs à nos partenaires du négoce, notamment les plus fragiles dont la situation est très gravement impactée par l’arrêt brutal des expéditions, au moment du paiement des prochaines échéances.

Nous devons aussi penser à l’après crise. Je n’ai pas de doute que demain ne  sera plus comme hier. Que nos concitoyens penseront différemment, qu’ils consommeront autrement. Je pense surtout que chacun mesurera la chance d’être en vie et valorisera le bonheur d’être ensemble et le partager. Le Champagne a toute sa place dans la société de demain. Un produit authentique, respectueux de l’environnement, symbole universel de la célébration et des moments heureux, qui a modelé des paysages uniques et généré un modèle d’organisation vertueux. Un modèle qui assure le partage des richesses. Nous devrons continuer à faire connaître nos savoir-faire et nos histoires. Je suis conscient du chemin qu’il faudra parcourir et des efforts à réaliser. Mais nous étions d’ores et déjà engagés sur ce chemin.

Ensemble nous ferons face à cette pandémie, ensemble nous reconstruirons et ensemble nous réussirons.